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Bio Armand Petersen

Armand Petersen nait le 25 novembre 1891 à Bâle (Suisse). Il entre à l'École d'Arts Industriels à Genève, dans la classe d'orfèvrerie et de ciselure.
Edouard-Marcel Sandoz, avec dix ans d'écart, suivra la même formation..
En 1914, Petersen arrive à Paris pour y poursuivre ses études mais repart pendant quatre ans dans l'atelier du sculpteur hongrois, Bêla Markup, qui l'initie au modelage. Sculpteur animalier, il lui fait découvrir les animaux au parc zoologique de Budapest.
En 1924, l'art animalier est en plein essor. Pompon, révélé en 1922 au salon d'Automne par son grand Ours Blanc, regroupe au Jardin des Plantes des jeunes animaliers qui étudient les modèles sur nature en suivant ses conseils.
Le choix de l'animal s'affirme en 1926, Petersen travaille à la fauverie du Jardin des Plantes et se joint au groupe des adeptes de Pompon qui enseigne sa méthode sur le terrain.
Edgard Brandt, propriétaire d'une galerie d'art le remarque. Dans l'équipe des animaliers attachés à la galerie, Pompon, Sandoz, le meilleur de l'art s'y rencontre.
En 1927 Armand Petersen se marie avec Sabine Demestre, mère d'une petite fille née d'un premier mariage. Elle va le convaincre de sortir de sa réserve, l'aidera par son métier de journaliste à révéler une œuvre déjà parfaite.
La première exposition des "Animaliers" s'ouvrit dans la galerie Brandt en 1927. Petersen se retrouve aux côtés de Sandoz, Bigot, Artus et Pompon. La critique remarque ce nouvel artiste.
La Manufacture de Sèvres cherche dans l'art contemporain de l’époque des œuvres pour les adapter à sa matière récente, le grès tendre coloré donnant un tout autre rendu que le biscuit. La Manufacture retient 3 œuvres de Petersen
L'aspect financier, la diffusion des œuvres par la Manufacture, ses expositions et ses magasins de vente, présentaient l'avantage de pouvoir exposer une œuvre en des matériaux différents à plusieurs endroits, en réservant au bronze une place à part car plus coûteux.
La comparaison avec Pompon s'impose mais son indépendance et son originalité diffèrent par son impression d'insécurité de ses bêtes toujours sur le qui-vive. A la différence de celles de Pompon "qui sont naturellement des bêtes du Bon Dieu, sans frayeur". Cette particularité d'expression subtile fait de Petersen un animalier de talent.
En 1929, deux ans après sa "découverte" Petersen fait partie des meilleurs animaliers. On le cite après Pompon et comme son émule.
Brecy écrit «Petersen émule de Pompon qui ne signe guère que des chefs-d'œuvre...» et plus loin signale «L'Antilope craintive est un petit chef-d'œuvre ciselé avec tant de tendresse que toute la vie de cette petite bête s'y montre touchante et vraie»
Yvon Lapaquellerie dans "L'Amour de l'Art"  écrit " il travaille sa matière aussi précieusement que l'or. L'art de Petersen a quelque chose de religieux et c'est cette spiritualité dont son œuvre est imprégnée qui lui donne un cachet si rare et lui permet de trancher sur les productions des autres animaliers".
Le 26 mars 1931 le groupe des "Douze Animaliers Français" déposa ses statuts, Présidents Pompon et Paul Jouve. Petersen de nationalité suisse, ne peut faire partie du groupe sinon en invité
En 1932, la crise économique touche les artistes qui exposent souvent leurs œuvres en plâtre. Les éditions en céramique fourniront un revenu à bon nombre d'artistes, comme à Petersen qui va les multiplier tant à la Manufacture de Sèvres qu'à la Manufacture Nationale Bing et Grondàhl de Copenhague par de nouveaux contrats.
Pompon, l'âme du groupe, meurt le 6 mai. Le groupe va rapidement se dissoudre. Les animaliers grâce à Sandoz qui a racheté la galerie Brandt continueront à se réunir jusqu'en 1939.
1935 Petersen obtient la nationalité française mais retourne régulièrement exposer en Suisse.
A la déclaration de la guerre en 1939, la mobilisation dissout le groupe des animaliers.
Petersen a 48 ans, double nationalité, mais n'est pas mobilisé. Il reste en France.
En 1942 les fonderies ne sont plus pour les artistes qu'un souvenir, plus d'exposition d'animaliers, l'année touche sévèrement tout le monde, les animaux du Jardin des Plantes sont abattus quand on ne peut plus les nourrir.
En 1943, arrêté par les allemands, conduits à Fresnes pour être déporté, Petersen est libéré de justesse par l'intervention de sa belle-fille, son beau-père étant médecin laryngologiste auprès d'un chanteur de l'Opéra.
C'était un artiste autrichien, un voisin de la rue Ordener où il habitait qui l'avait dénoncé par jalousie. A la libération sa belle-fille retrouvera cette même personne dans la même suite au Bristol, cette fois en uniforme américain !
En juillet 1950, sa femme meurt d'un cancer, et pour Armand Petersen, c'est la fin d'une période heureuse.
Armand Petersen a reçu de nombreuses commandes de l’état français et étranger. On en trouve dans un grand nombre d'ambassades françaises mais également dans des musées comme un «Hippopotame» au Musée de Vernon, une «Grue Cendrée» au Musée de la Chasse à Gien, un «Taureau» au musée d’Angers ainsi que des sculptures grandeur nature comme le «Grand Chevreuil» au musée de Louviers, la «Panthère» à Bry-sur-Marne, le «Corbeau» et le «Veau» à Bâle (Suisse).
1959 année de sa rencontre avec Etienne Audfray jeune sculpteur. L'amitié réciproque révélera la véritable vocation du jeune homme qui deviendra son élève et son collaborateur.
En août 1959, la galerie Dreyfus devient le représentant exclusif des œuvres de Petersen aux Etats-Unis.
Il entreprend un dernier agrandissement d'une Panthère en 1969. Petersen se sent de plus en plus fatigué et le propose à la fonderie Godard il écrit a son ami Etienne "le plâtre a été examiné, il sera pris en septembre car la fonderie ferme au mois d'août." 
Atteint d'un cancer, il mourra sur la table d'opération le 20 novembre après avoir donné son atelier à son ami car Petersen n'eut aucun descendant. La Panthère restait impayée. Etienne Audfray s'en chargea sur ses fonds personnels et la fit placer devant une école de Bry dont il était le Maire.
II s'efforce depuis lors de faire mieux connaître l’œuvre de son ami.
Pour conclure on peut dire que :
Le choix animalier du sculpteur lui fit partager une époque appelée "âge d'or", celle des années 30, dominée par des figures restées à juste titre célèbres, car elles marquèrent toute une génération en imprimant un style à un groupe d'animaliers dont il fit partie.
C'est en France qu'il fut reconnu aux côtés des meilleurs et des plus grands qui joueront un rôle prédominant dans l'élaboration de son œuvre et de sa reconnaissance.
Il est intéressant de suivre un descendant de Pompon qui, tout en assimilant ses principes sut garder une certaine originalité, en alliant plusieurs talents, renouant avec sa formation d'orfèvre pour arriver à l'œuvre précieuse et souvent unique.
Une grande continuité et un souci de perfection sont les caractéristiques d'un homme, artiste de rigueur qui sut évoluer sans heurt malgré les coupures imposées par les circonstances de sa vie qu’il sut surmonter, tributaire cependant d'une époque troublée et de son refus de la facilité.

Bonne visite à tous.


 


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